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Bonjour
Oui, j'ai bien reçu la partition. Il faudrait que je la scanne pour pouvoir vous l'envoyer par email.
Concernant votre question, voici ce que dit Gérard Condé dans son livre :
"REPENTIR (Gounod), Scène pour mezzo-soprano et orchestre (2.1+1.2.2/ 4.2.0.0/Timb. Hp. Org. ad libitum/C). Molto moderato à C, Ut mineur Datée d’avril 1893, cette scène est la dernière page orchestrale achevée par Gounod. Nommément destinée à une voix de mezzo-soprano, elle a pu être composée en vue des concerts spirituels de la saison suivante. La date, comme le lieu, de la première audition de Repentir restent toutefois à découvrir. Il ne semble pas que le poème ait été conçu et achevé dans un premier temps, car ses trois quatrains sont assez irréguliers et curieusement coupés. On dirait des vers inventés (et répétés) au fur et à mesure des besoins de la conception musicale, entraînant Gounod, tant pour la rime que pour la progression dramatique, à des excès de langage : « De la justice venge- resse » ou « Je meurtrirai ma chair sous le poids du cilice/Et mon cœur altéré du sanglant sacrifice ». Sa foi en la miséricorde divine ne lui inspirait pas, d’ordinaire, une vision si tragique de la contrition. « Le Dieu du Pardon est bien celui qui ressuscite les morts » écrivit-il pour conclure Les Ouvriers de la onzième heure, homélie en faveur du repentir, même le plus tardif, où il demande : « Quel est celui d’entre nous qui pourrait ne pas pardonner tout dans un seul instant, s’il pouvait voir, comme Dieu le voit, ce qui se passe au fond d’une âme dans un acte de repentir profond, complet et évident ? Je réponds pour tous : personne. » L’introduction voit s’élever une longue courbe expressive des violon- celles, que Weber n’aurait pas désavouée, mais rare chez Gounod. Vigou- reusement ascendante, elle s’achève diminuendo dans un chromatisme thématique. Une pulsation sourde de timbales y répond sous la formule cadentielle, puis les soupirs du cor anglais anticipent sur l’accent des paroles initiales. La première strophe progresse en trois épisodes de deux vers. Le premier (« Ah ! ne repousse pas ») semble encore ployer sous le poids des péchés, avec des chromatismes descendants, mais se presse vers la dominante et culmine avec un saut d’octave désespéré (« Entends mes cris »). Le second épisode, modulant, est un appel pressant (« A` mon aide, Seigneur, hâte-toi d’accourir »), avec des arpèges ascendants de violons et une ligne vocale aux intervalles plus décidés. Le troisième épisode (« De la justice vengeres- se/Détourne les coups, mon Sauveur ») voit le retour des chromatismes descendants aux basses sous des trémolos des violons dans un contexte d’harmonie napolitaine. La culmination de la voix, sur le Sol aigu, l’arc en ciel jaillissant des bois ouvrent alors la porte à une prière confiante : « Oˆ , Divin Rédempteur », en Ut majeur, la voix doublée par les violons et par les flûtes à l’octave sur le flot caressant des harpes. Ce refrain, avec son saut de neuvième majeure jusqu’au La aigu, n’est pas indigne, pour l’inspiration, des « Anges purs » de Marguerite ; ce qui lui vaut d’être repris par les violons en octaves, comme un chœur céleste, que la voix ne rejoint qu’à la troisième mesure. Ce n’est peut-être pas un hasard si la seconde strophe (« Dans le secret des nuits ») rappelle d’abord, sur fond de trémolos, le « Non ! tu ne prieras pas » de Méphisto, tant pour la couleur harmonique que pour l’expression vocale. Car cette atteinte à soi-même (le cilice) est l’aspect négatif de la contrition. L’autre aspect (« Et mon cœur [...] bénira ») est adouci par le retour des harpes sous un contre-chant des violons en octaves. Le refrain s’enchaîne tout naturellement, magnifié par l’entrée de l’orgue en soutien. La coda, qui emprunte au troisième épisode de la strophe initiale (« De la justice vengeresse »), fait des chromatismes et des trémolos dramatiques les éléments d’une progression vers la résolution. L’ensemble, grandiose, reste sobre : les trompettes n’ont, dans toute la partition, que deux notes à jouer, pianissimo dans le grave, au sein du dernier accord (comme déjà dans Ma belle amie est morte). Repentir parut le 15 décembre 1894 dans La Revue de Paris, « à l’occasion de la millième de Faust », dans une réduction pour piano d’E ́ mile Paladilhe. Choudens, qui avait donné son autorisation, la publiera l’année suivante en ajoutant : « sous forme de prière ». Une adaptation vit le jour, en 1896, sous le titre Offertoire de la messe des morts avec violon ou violoncelle ad libitum, et une autre en duo : Parce Domine, chant pour le temps de péni- tence. Entre-temps, Phillips en avait réalisé une version anglaise, O, divine Redeemer. Quand, en 1908, Choudens retira la Sérénade du 1er recueil de 20 mélodies (pour la rendre à Le Beau, faute d’avoir respecté leur traité), il mit Repentir à sa place." Gérard Condé
_________________ "Quand on ne fait rien, on ne trouve de talent à personne; à mesure qu’on apprend, on en trouve à presque tout le monde." Charles Gounod
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